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Datastory #6 – Partir de l’existant pour monter en gamme

Datastory

2023
Multipays
Autre activité

09/11/2023

🗓️ Cet article couvre la période de janvier à novembre 2023.

La mise en place de SYDONIA relève d’une idée simple : tous les États du monde ont à gérer des flux commerciaux depuis (import) et vers (export) l’extérieur, selon des règles et des processus relativement proches. SYDONIA a donc été créé comme une base commune, que n’importe quel État peut s’approprier et déployer auprès de son administration douanière (comme une sorte de commun).

Utilisé quotidiennement par les douanes des quatre pays concernés par le projet DATAFID, SYDONIA est un objet incontournable de nos travaux, notamment en tant que principale source de données.

1. SYDONIA, le système d’information douanier clé-en-main proposé par l’ONU

Le Système Douanier Automatisé (SYDONIA, ou ASYCUDA en anglais) a été créé par la CNUCED (Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement) dans les années 1980, pour répondre à la demande de la CEDEAO pour la compilation de statistiques sur le commerce extérieur de ses États membres. Il est vite apparu que la réponse à ce besoin passait par la création d’un nouveau système d’information douanier que ces pays pourraient ensuite implémenter.

💡 Qu’est ce qu’un système d’information ?

Un système d’information (ou SI) est un ensemble de ressources permettant la collecte, le stockage, le traitement et la diffusion de l’information au sein d’une organisation. Quand on parle de SI, on entend bien évidemment l’informatique matérielle (ordinateurs, câbles réseau…) et logicielle (gestion de contribuables, télécommunications…), mais également le personnel humain et les processus métiers ayant cours dans l’organisation.

Ecran SYDONIA
Source : https://www.youtube.com/watch?v=s5L_V_qrUSk

Très concrètement, SYDONIA facilite le suivi et la gestion des transactions commerciales d’un pays, qu’il s’agisse du suivi des flux douaniers, de la collecte des droits de douanes et des taxes afférentes, de l’organisation des processus de dédouanement ou de la production de statistiques en temps réel. Il s’agit, par ailleurs, d’un système modulaire. Outre les fonctionnalités cœurs du logiciel, les administrations peuvent choisir d’y ajouter des modules complémentaires développés par la CNUCED, ou même de créer les leurs.

SYDONIA est aujourd’hui utilisé par les douanes de 102 pays, et a joué un rôle important dans la modernisation de leurs systèmes d’information. Il est maintenu par la CNUCED, qui propose à tous les pays souhaitant acquérir la solution une assistance à l’installation, au paramétrage, à la mise en place et à l’utilisation. Sur le plan technique, SYDONIAWorld (dernière version en date du système) est développé en Java et compatible avec différents SGBDR (systèmes de gestion de bases de données relationnelles). Dans les faits, les quatre pays concernés par le projet DATAFID l’interfacent à Oracle Database (solution propriétaire).

2. SYDONIA, structurer pour plus de qualité

Outre le fait de fournir un système d’information clé en main aux administrations douanières, SYDONIA permet aussi d’homogénéiser les pratiques des administrations et d’assurer une mise en qualité de la donnée.

La mise en place et le déploiement de SYDONIA dans une administration s’accompagne d’un ensemble de formations. Ces formations permettent de s’assurer que les agents puissent utiliser correctement la plateforme. Pour cela, SYDONIA repose sur l’adoption et la mise en place de flux de travail spécifiques (définis par la CNUCED) qui aboutissent à une standardisation des méthodes de saisie dans le logiciel.

En utilisant les mêmes méthodes de saisie, les données crées sont ainsi standardisées. Cette standardisation assure que la donnée est structurée de la même manière par l’ensemble des agents utilisant le logiciel, garantissant ainsi une meilleure qualité de la donnée.

Cette mise en qualité de la donnée permet donc d’assurer un meilleur traitement et réutilisation de la donnée. Les pays et leurs administrations peuvent donc se pencher sur l’identification et la construction de nouveaux cas d’usages.

3. DATAFID et SYDONIA : reproduire le SI pour développer nos cas d’usage

Le fait que les douanes des quatre pays accompagnés par le projet DATAFID utilisent SYDONIA et Oracle Database a en partie facilité notre accompagnement, dans la mesure où la grande majorité des données sur lesquelles les équipes travaillons sont directement issues de ce système. La construction de nos cas d’usages a ainsi pu se faire depuis des extractions CSV des données SYDONIA, fournies par les douaniers locaux.

En revanche, l’interfaçage de nos systèmes avec SYDONIA a posé plus de difficultés. En effet, s’agissant d’une solution propriétaire sous licence réservée aux douaniers et interconnectée à un SGBDR également propriétaire, il nous était impossible de travailler directement sur le système. Notre première approche a consisté à créer un ISO spécifique sur la base de SYDONIA, pour reproduire un environnement de travail identique à celui déployé dans les douanes accompagnées.

Pour ne pas travailler directement sur les données de production stockées dans la base de données Oracle, nous avons mis en place un ETL, à l’aide de la solution open source Airbyte. Les douanes ivoiriennes ont été mises à contribution pour extraire un jeu de données pseudonymisées au format CSV (à partir d’Oracle), jeu de données que nous avons ensuite intégré à une base de données PostgreSQL. Résultat : une reproduction (partielle) parfaite des données SYDONIA de la douane de Côte d’Ivoire, sur laquelle nous avons librement pu concevoir et adapter nos cas d’usage.

💡 Un ETL est une technologie qui prend en charge l’extraction, la transformation et le chargement de données (Extraction – Transformation – Load) depuis une source de données vers une autre.

Schéma ETL
Source : Microsoft https://learn.microsoft.com/fr-fr/azure/architecture/data-guide/relational-data/etl

❓ Pourquoi PostgreSQL ? Note base de données maison repose sur PostgreSQL, un système de gestion de bases de données open source performant et simple à prendre en main. PostgreSQL fait d’ailleurs partie des services instanciables sur le datalab.

Une fois les données intégrées à PostgreSQL, nous avons pu interfacer notre base avec le datalab pour opérer nos traitements de données sans être limités par les restrictions imposées par SYDONIA et sans déranger les douaniers dans leurs travaux quotidiens. Apache Superset nous a notamment permis de créer de premières visualisations de données. C’est également grâce à cette organisation que nous avons pu réaliser certains de nos cas d’usage, comme celui sur la sélectivité.

❓ Qu’est ce que le cas d’usage “Sélectivité” ? De manière réaliste, les douanes ne peuvent pas contrôler toutes les importations du pays. La sélectivité consiste à mettre en place des règles, dans notre cas via des algorithmes d’intelligence artificielle, permettant de caractériser le risque associé à chaque importation, en fonction de différents critères (pays d’origine de la marchandise, type de marchandise, etc…), pour orienter les contrôles opérés par les douaniers. Pour en savoir plus sur la sélectivité, vous pouvez consulter notre data story dédiée au sujet.

4. SYDONIA, complémentarité et évolution

L’approche retenue pour ce cas d’usage est intéressante car elle montre la complémentarité et la modularité de SYDONIA avec des besoins spécifiques propres à chaque pays.

Dans le cas de DATAFID, nos équipes ont décidé de se servir de SYDONIA comme source de données uniquement : c’est sur l’infrastructure du datalab que nous avons développé et entraîné nos algorithmes. À terme, il est prévu que la donnée puisse faire le chemin inverse : les importations signalées comme à risque par l’algorithme exécuté sur le datalab seront directement visibles depuis SYDONIA.

SYDONIA est un système d’information qui continue à évoluer sur la base des retours effectués par ses utilisateurs. La sortie d’une nouvelle version SydoniaWorld (4.4.0) intègre de nouvelles fonctionnalités, notamment la possibilité d’utiliser l’intelligence artificielle pour cibler les marchandises à risques et la gestion simplifiée des critères de sélectivité, permettant à ses usagers de se saisir pleinement des opportunités offertes par ces nouvelles techniques.

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